Les approches critiques du numérique en éducation et formation. Vers une structuration d'un champ d'études
Auteur(s)
Audétat, Marc
Collet, Isabelle
Type
Communication orale
Date de publication
2026-06-01
Langue de la référence
Français
Résumé
BUT. Grâce à des contributrices et contributeurs menant des travaux en histoire des médias pour l'éducation, en études sociales des sciences et des techniques, en sciences sociales, et en sciences de l’éducation, ce panel vise à participer à la structuration du champ des approches critiques du numérique en éducation et formation.
CONTEXTE. Durant les trois décennies écoulées, l’école et la société ont connu un glissement vers l’adoption d’un référentiel idéologique de la performance et de l’efficacité, qui pose la société et l’école comme des systèmes de production plutôt que comme des biens communs. En rapport à la numérisation, elles ont vécu une double évolution, marquée par une pression accrue pour simultanément préparer une citoyenneté numérique attentive et faciliter l’insertion professionnelle. Ces changements ont amené une multiplication des acteurices et parties prenantes impliqué·e·s ou mobilisé·e·s par les enjeux de la numérisation de l’éducation et de la formation. Ils ont aussi entraîné la quête d'un espace public et médiatique débordant largement le cadre institutionnel et scolaire. Ces évolutions ont exigé de trouver des mots pour les qualifier, d’offrir un discours sur la complexification des institutions et sur les relations bouleversées entre public et privé, et de documenter les transformations en apportant des cadres théoriques et conceptuels. Ces exigence se sont sans doute accrues avec la promotion des technologies pour l’éducation (edTech) et le cycle d'investissement du capital-risque dans ce domaine, la pandémie de covid-19 et l’apprentissage à distance, et l’irruption de l’IA générative à laquelle les systèmes éducatifs n'ont le choix que de s'adapter.
Les travaux scientifiques qui émergent de ce contexte sont pluriels. Citons d'abord des pionniers comme Pierre Moeglin, dont l'approche par la critique des industries culturelles a ouvert le numérique en éducation à plusieurs points de vue sociologiques et historiques différents (Moeglin, 2015). Ensuite, beaucoup de travaux actuels discutent des manières d’opérationnaliser l’enseignement numérique à l’école, tant de la citoyenneté que des compétences numériques, et permettent une analyse des implications du numérique en éducation (Alvarez & Payn, 2021; Collin, 2021; Tadlaoui-Brahmi et al., 2022). Plus orienté épistémologie, des propositions discutent des implications axiologiques, méthodologiques et théoriques du numérique en éducation (Collin et al., 2022; Denouël, 2019). Des approches empiriques par les usages du numérique ont démontré un fort potentiel critique (Flückiger, 2020; Collin, 2016). Dans la lignée des sciences sociales et humaines et des mouvements féministes, des travaux documentent les inégalités émergeantes ou renforcées par la numérisation (Brotcorne, 2022; Collet et Morley, 2022; Fenoglio, 2023; Tadlaoui-Brahmi, 2024; Gautschi, 2018), ou veillent aux facteurs de déqualification et à l'écologie de l'attention (Citton, 2014). À cela s'ajoutent les projets qui soulignent la matérialité du numérique et se préoccupent de son impact sur la santé et l'environnement (Flipo, 2020; Ghernaouti, 2021; Gourlay, 2021).
Curieusement, tant le « numérique » que l’« enseignement/apprentissage » sont des phénomènes qui ne connaissent pas de théorie centrale ou stabilisée dans une discipline en particulier. Les deux champs sont traversés de controverses qui vont du terrain à la théorie. De plus, les approches sociales, culturelles et critiques du numérique dont il est question actuellement ne se déploient pas en terrain vierge, mais tranchent avec les approches qui ont accompagné et théorisé le numérique dès le début du siècle dernier, en particulier avec le paradigme cybernétique, les sciences computationnelles, et puis le behaviourisme et la psychologie expérimentale, ou la psychologie cognitive, qui les ont longtemps précédées et qui sont souvent enchâssées dans les innovations et systèmes numériques qu'elles ont contribué à concevoir. Or si le pluralisme théorique et disciplinaire est souhaitable et stimulant, il n’est pas toujours possible, les différentes approches n’étant pas toujours commensurables ou compatibles.
PROBLÉMATIQUE. Le champ des approches critiques du numérique en éducation et formation se construit alors de manière organique, prioritairement. Les rencontres scientifiques, telles que RUNED ou ECCES participent à ces évolutions rhizomiques. Cependant, le champ est particulièrement vaste, tant en termes d’objets d’étude que de méthodes ou d’épistémologies. C’est une richesse scientifique et sociale notable. Cependant, le risque d’un éparpillement des efforts existe, alors qu’il semble y avoir une nécessité de fédérer les forces.
Comment alors structurer le champ scientifique des approches critiques du numérique en éducation et formation ? Quels sont les enjeux et les limites d'organiser les travaux scientifiques autour de méthodes, d’objets d’études ou de valeurs ? Ce panel sera l’occasion de mettre à l’épreuve des propositions. Ces questions seront abordées par le croisement de perspectives, de positionnements et d’expertises critiques que plusieurs intervenant·e·s invité·e·s introduiront.
RÉSULTATS ATTENDUS. Ce panel vise à explorer les différents aspects du champ des approches critiques du numérique en éducation et formation, afin de contribuer à sa structuration. Il encourage une réflexion sur la manière dont nous pouvons organiser nos recherches et nos publications pour répondre aux défis actuels et aux préoccupations liés à la numérisation de l’éducation et la formation.
CONTEXTE. Durant les trois décennies écoulées, l’école et la société ont connu un glissement vers l’adoption d’un référentiel idéologique de la performance et de l’efficacité, qui pose la société et l’école comme des systèmes de production plutôt que comme des biens communs. En rapport à la numérisation, elles ont vécu une double évolution, marquée par une pression accrue pour simultanément préparer une citoyenneté numérique attentive et faciliter l’insertion professionnelle. Ces changements ont amené une multiplication des acteurices et parties prenantes impliqué·e·s ou mobilisé·e·s par les enjeux de la numérisation de l’éducation et de la formation. Ils ont aussi entraîné la quête d'un espace public et médiatique débordant largement le cadre institutionnel et scolaire. Ces évolutions ont exigé de trouver des mots pour les qualifier, d’offrir un discours sur la complexification des institutions et sur les relations bouleversées entre public et privé, et de documenter les transformations en apportant des cadres théoriques et conceptuels. Ces exigence se sont sans doute accrues avec la promotion des technologies pour l’éducation (edTech) et le cycle d'investissement du capital-risque dans ce domaine, la pandémie de covid-19 et l’apprentissage à distance, et l’irruption de l’IA générative à laquelle les systèmes éducatifs n'ont le choix que de s'adapter.
Les travaux scientifiques qui émergent de ce contexte sont pluriels. Citons d'abord des pionniers comme Pierre Moeglin, dont l'approche par la critique des industries culturelles a ouvert le numérique en éducation à plusieurs points de vue sociologiques et historiques différents (Moeglin, 2015). Ensuite, beaucoup de travaux actuels discutent des manières d’opérationnaliser l’enseignement numérique à l’école, tant de la citoyenneté que des compétences numériques, et permettent une analyse des implications du numérique en éducation (Alvarez & Payn, 2021; Collin, 2021; Tadlaoui-Brahmi et al., 2022). Plus orienté épistémologie, des propositions discutent des implications axiologiques, méthodologiques et théoriques du numérique en éducation (Collin et al., 2022; Denouël, 2019). Des approches empiriques par les usages du numérique ont démontré un fort potentiel critique (Flückiger, 2020; Collin, 2016). Dans la lignée des sciences sociales et humaines et des mouvements féministes, des travaux documentent les inégalités émergeantes ou renforcées par la numérisation (Brotcorne, 2022; Collet et Morley, 2022; Fenoglio, 2023; Tadlaoui-Brahmi, 2024; Gautschi, 2018), ou veillent aux facteurs de déqualification et à l'écologie de l'attention (Citton, 2014). À cela s'ajoutent les projets qui soulignent la matérialité du numérique et se préoccupent de son impact sur la santé et l'environnement (Flipo, 2020; Ghernaouti, 2021; Gourlay, 2021).
Curieusement, tant le « numérique » que l’« enseignement/apprentissage » sont des phénomènes qui ne connaissent pas de théorie centrale ou stabilisée dans une discipline en particulier. Les deux champs sont traversés de controverses qui vont du terrain à la théorie. De plus, les approches sociales, culturelles et critiques du numérique dont il est question actuellement ne se déploient pas en terrain vierge, mais tranchent avec les approches qui ont accompagné et théorisé le numérique dès le début du siècle dernier, en particulier avec le paradigme cybernétique, les sciences computationnelles, et puis le behaviourisme et la psychologie expérimentale, ou la psychologie cognitive, qui les ont longtemps précédées et qui sont souvent enchâssées dans les innovations et systèmes numériques qu'elles ont contribué à concevoir. Or si le pluralisme théorique et disciplinaire est souhaitable et stimulant, il n’est pas toujours possible, les différentes approches n’étant pas toujours commensurables ou compatibles.
PROBLÉMATIQUE. Le champ des approches critiques du numérique en éducation et formation se construit alors de manière organique, prioritairement. Les rencontres scientifiques, telles que RUNED ou ECCES participent à ces évolutions rhizomiques. Cependant, le champ est particulièrement vaste, tant en termes d’objets d’étude que de méthodes ou d’épistémologies. C’est une richesse scientifique et sociale notable. Cependant, le risque d’un éparpillement des efforts existe, alors qu’il semble y avoir une nécessité de fédérer les forces.
Comment alors structurer le champ scientifique des approches critiques du numérique en éducation et formation ? Quels sont les enjeux et les limites d'organiser les travaux scientifiques autour de méthodes, d’objets d’études ou de valeurs ? Ce panel sera l’occasion de mettre à l’épreuve des propositions. Ces questions seront abordées par le croisement de perspectives, de positionnements et d’expertises critiques que plusieurs intervenant·e·s invité·e·s introduiront.
RÉSULTATS ATTENDUS. Ce panel vise à explorer les différents aspects du champ des approches critiques du numérique en éducation et formation, afin de contribuer à sa structuration. Il encourage une réflexion sur la manière dont nous pouvons organiser nos recherches et nos publications pour répondre aux défis actuels et aux préoccupations liés à la numérisation de l’éducation et la formation.
Nom de la manifestation
RUNED26
Date(s) de la manifestation
1.6.26-3.6.26
Ville de la manifestation
Fribourg
Pays de la manifestation
RUNED26
Portée de la manifestation
internationale
Participation sur invitation
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Nom
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Taille
135.35 KB
Format
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