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L'éducation comme bien commun : une expérience de formation à la rencontre de l'altérité
Auteur(s)
Rougemont, Héloïse  
UER Acteurs, Gestions, Identités, Relations, Systèmes (AGIRS)  
Type
Communication orale
Date de publication
2026-06
Langue de la référence
Français
Entité HEP
UER Acteurs, Gestions, Identités, Relations, Systèmes (AGIRS)  
UER Enseignement, apprentissage et évaluation (EN)  
Laboratoire d'Analyse du Travail Enseignant et de la Formation en Alternance (LATEFA)  
Résumé
Dans sa conférence d’introduction du Colloque « Education as commons : democratic values, social justice and inclusion in education », Laval (2023) convoque l’historien Wallerstein, pour qui les crises multiples que traversent les sociétés dites démocratiques et libérales entrainent une « grande bifurcation » :
- d’un côté, une « dédémocratisation » accélérée de nos sociétés soumises à une brutalisation politique et économique, voyant se développer en leur sein des formes entremêlées de nationalisme néoconservateur, néofasciste, identitaire et néototalitaire, ceci à un moment où se constitue à l’échelle mondiale un bloc de puissances qui ont en commun leur hostilité aux formes les plus élémentaires des libertés et des droits individuels ;
- de l’autre, une aspiration à une démocratie plus profonde ou plus radicale, une réinvention des formes démocratiques liée à des pratiques alternatives originales, à des luttes multiples de nature transnationale, pour l’égalité sociale et la justice climatique, féministes et anti-racistes. Le mouvement mondial pour les commons est une dimension de la lutte pour une démocratie renouvelée. (p. 1)
Wallerstein invite donc à considérer l’éducation comme un bien commun et à reformuler le projet éducatif dans la perspective d’une démocratie plus radicale.
L’amorce du colloque SSRE 2025 m’encourage à thématiser l’expérimentation d’un dispositif de formation qui soutient, à mon sens, une éducation pensée comme bien commun. Ce dispositif a été conçu et mené durant six ans, dans le cadre d’un séminaire proposé à la HEP Vaud et adressé à des étudiant·e·s se formant principalement pour les degrés secondaires 1 et 2 au sein d’un module nommé « Altérités et intégrations ».
Ce séminaire se fonde sur le postulat suivant : la rencontre de l'altérité est une rencontre de l'inconnu qui nous amène à questionner les catégories à partir desquelles nous pensons habituellement les choses. Nous pouvons, pour ce faire, nous munir d'outils réflexifs qui nous permettent de comprendre « d'où chacun·e parle » en identifiant les paramètres qui font de notre situation et de la sienne, deux situations (in)comparables.
Les fondements de l'approche travaillée dans ce séminaire (constructivisme et interactionnisme historico-social) se résument ainsi : quand le désaccord intervient, expliciter quels sont les systèmes de représentations qui sous-tendent les tensions, comprendre en quoi ils sont construits socialement et ancrés à la fois dans une trajectoire individuelle et une histoire collective... et trouver avec chacun·e, un compromis relationnel qui permette à la fois à soi-même et à autrui de construire une image positive de son identité.
Mobilisés dans des analyses autour de questions sociales vives (blogs, coupures de presse, situations scolaires) les apports successifs, mentionnés en bibliographie, permettent aux étudiant·e·s :
- de voir les groupes ethniques, et plus généralement les cultures, non pas comme des entités stables et homogènes, mais comme des catégories d’attribution et d’identification opérées par leurs membres, dans le but de les maintenir et ainsi organiser les interactions endogroupes et exogroupes ;
- de comprendre l’identité comme le fruit d’une accommodation problématique continue entre deux axes : l’identité pour soi et l’identité pour autrui d’une part et l’identité héritée et l’identité visée d’autre part ;
- d’analyser et dépasser les tensions (inter et intra subjectives) en explicitant les systèmes de valeurs qui les sous-tendent et en recherchant leurs ancrages dans les histoires individuelles et l’Histoire collective en étudiant les arguments que les acteurs déploient lors de disputes, pour fonder la critique ou le compromis ;
- de caractériser les différents mouvements de lutte pour la justice sociale et de les penser dans une perspective de renforcement, plutôt que d’entrave mutuelle, grâce à la notion de parité de participation.
Nom de la manifestation
Colloque SSRE 2026 "Une éducation pour un avenir de qualité"
Date(s) de la manifestation
14-19 juin 2026
Organisateur(s) de la manifestation
Société Suisse pour la recherche en éducation
Ville de la manifestation
Saint-Gall
Pays de la manifestation
Suisse
Portée de la manifestation
nationale
Handle
https://hdl.handle.net/20.500.12162/15996
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