Andrey, AlineAlineAndreyProgin, LaetitiaLaetitiaProginMaulini, OlivierOlivierMaulini2026-01-162026-01-162026https://hdl.handle.net/20.500.12162/15587Comme tout travail humain, celui de l’enseignement peut s’apprécier d’au moins deux points de vue différents : intérieur à celles et ceux qui le font (les praticiennes et praticiens engagés dans l’action) ; extérieur quand d’autres acteurs et actrices observent et jugent la prestation (les usagers et usagères, la hiérarchie, l’opinion publique ou savante) (Auteur et al., 2016). Ces deux registres – interne et externe – peuvent se compléter, s’ignorer ou se contredire alternativement. La recherche montre en fait deux phénomènes et leur entrecroisement : • Premièrement, un conflit de préférences politiques pour le contrôle ou l’autonomie du travail enseignant, un gouvernement par l’autorité des experts ou la liberté des gens de terrain, les recherches en laboratoire ou les expériences sur le tas. Plus les polémiques enflent, plus la conjonction est adversative : elle oppose ce qu’elle relie. • Deuxièmement, un travail ordinaire composant en vérité entre adaptation nécessaire aux contraintes de l’action et renormalisation optionnelle des prescriptions, autrement dit continuité et rupture, besoin de stabilité et quête d’amélioration. Plus on s’approche de ce niveau, plus la conjonction devient copulative : elle unit ce qu’elle sépare. La conformité, la légitimité, la valeur, bref la qualité de l’enseignement, sont donc à la fois à prouver en rendant des comptes en marge de l’activité, dans des procédures plus ou moins bureaucratisées (Draelants & Revaz, 2022), et éprouvées au fil de l’action, dans des expériences plus ou moins réflexives et ajustées (Auteur, 2017). Mais c’est toujours et finalement le travail réel qui produit le curriculum réel, donc ce qu’apprennent ou non les élèves à l’arrivée (Perrenoud, 1993). Si le but de l’évaluation, de l’enseignement et de l’évaluation de cet enseignement est de soutenir réellement ces apprentissages, le détour le plus efficace devient logiquement de comprendre comment s’apprécient le travail et sa qualité en réalité, en remontant par étapes de l’exercice ordinaire du métier à ses développements possibles, y compris (et peut-être d’abord) lorsqu’ils sont professionnellement controversés. Ce symposium souhaite prendre le temps de ce détour, en suspendant le souci normatif d’évaluer idéalement pour poser, par précaution empirique, cette question préalable : entre qualité à prouver et qualité éprouvée, comment le travail enseignant s’apprécie-t-il effectivement ? Les contributions apporteront chacune des éléments de réponse, qu’elles se situent ou non dans un contexte de réforme et/ou de modification de la gouvernance et de son instrumentation. Elles partageront pour cela les trois principes suivants : 1. Interroger la manière dont la qualité du travail enseignant s’apprécie en réalité dans le contexte étudié. 2. Porter le regard sur les appréciations observables à l’extérieur et/ou à l’intérieur de la profession, mais toujours en thématisant l’interdépendance des deux faces. 3. Adopter un point de vue en partie au moins métanormatif (Ogien, 2001), se demandant quelles manières de normaliser le travail enseignant (au présent) préparent (à long terme) son développement et sa professionnalisation. La première contribution abordera la question des conflits de qualité du point de vue des directions d’établissement scolaire dans un contexte d’implémentation d’un instrument de gouvernance. La seconde montrera l’importance croissance de la qualité de vie des professionnel-le-s au détriment de celle du travail réel. La troisième montrera à quels indices les enseignant-e-s reconnaissent un travail de qualité. La quatrième fera dialoguer les critères issus d’une recherche en court avec des critères de qualité co-construits en équipe hétérogène. La cinquième traitera les résultats d’une recherche antérieure pour interroger l’utilité du travail enseignant à la lumière de sa beauté. Enfin, la sixième explorera comment les enseignant-e-s co-construisent une compréhension partagée de la qualité d’une évaluation des acquis des élèves.frSymposium intitulé "Entre qualité à prouver et qualité éprouvée : comment le travail enseignant s’apprécie-t-il effectivement ?"Type de référence::Communications::Communication scientifique non publiée::Communication orale