Cherblanc, JacquesJacquesCherblanc2026-09-292026-09-292026-09-291286-5702https://hdl.handle.net/20.500.12162/15967Peut-on vraiment faire son deuil ? Cette formule consacrée du langage courant et longtemps reconduite dans les approches cliniques et thérapeutiques repose sur une prémisse implicite : que le travail de deuil consiste à se détacher progressivement du défunt, à rompre le lien affectif pour réinvestir le monde des vivants. Cette conception, héritée notamment des travaux de Freud (1917/2025), a longtemps structuré la compréhension du deuil dit « normal » et la définition, par contraste, du deuil pathologique. Or, depuis une trentaine d’années, cette perspective est profondément remise en cause par un courant de recherche international croissant, dont l’ouvrage fondateur de Klass, Silverman et Nickman (1996), Continuing bonds: New understandings of grief, constitue le point de départ. Ce travail collectif a proposé une rupture épistémologique majeure en montrant, à partir de données empiriques portant sur des populations très diverses, que les personnes endeuillées ne rompent pas le lien avec leurs défunts ; elles le transforment, le réinventent, le déplacent dans de nouvelles formes de présence : subjectives, symboliques, rituelles ou spirituelles. Dans cette perspective, le deuil ne consiste pas à effacer la personne morte de la vie psychique et sociale du survivant, mais à lui attribuer une nouvelle place, compatible avec l’absence physique.frSciences humaines et socialesanthropologiepsychologieL’absent présent : deuils et liens continusType de référence::Numéro thématique::Numéro thématique (revue scientifique)